Les phases suite à une agression sexuelle récente

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Les victimes d’agression à caractère sexuel peuvent traverser trois phases. L’ordre et l’intensité varient selon l’expérience personnelle des femmes et la nature spécifique de l’agression à caractère sexuel. Chaque phase décrit les réactions physiques, psychologiques et comportementales possibles qu’une victime a pu vivre dans le passé, vit actuellement ou vivra dans l’avenir.

Période de choc

La période d’état de choc est généralement associée à la phase la plus intense. Dans les heures ou les jours qui suivront l’agression à caractère sexuel, une gamme d’émotions contradictoires et changeantes (par exemple, un état d’euphorie à un état dépressif) peuvent se manifester. La première réaction au choc se manifeste par la désorganisation du quotidien.  Les femmes peuvent avoir de la difficulté à reproduire des gestes habituels et généralement effectués sans réfléchir (se coucher le soir, se déplacer seules dans leur quartier, conduire leur voiture, cuisiner des repas, travailler, etc.). Des sentiments intenses et douloureux peuvent survenir : on parle de peur extrême, terreur, irritabilité, colère, souvenirs répétitifs et désagréables, incrédulité, culpabilité, honte, impression d’être incomprises, sentiments liés à la perte de l’intégrité, etc.

La durée de cette période semble être déterminée, entre autres, par la qualité du support que les femmes reçoivent  (voir la section : Comment recevoir un dévoilement). De plus, l’aide que les centres de femmes, par exemple, peuvent prodiguer à ce stade peut être utile et libérateur.  Il est important à cette étape de prendre des décisions face à certaines situation pratiques, telles qu’une visite chez le médecin, prendre un congé du travail ou de l’école, déclarer ou non l’agression à caractère sexuel à la police, prendre un rendez-vous avec une intervenante sociale, entre autres.

Période de réajustement

Cette période est marquée par le désir de reprendre une vie « normale ».  Les femmes s’aperçoivent qu’elles ont négligé certaines sphères de leur vie (travail, enfants, etc.) et elles tentent de les rattraper. À ce stade, les femmes ont repris, en apparence, une certaine assurance. Or, celles-ci peuvent vivre encore plusieurs sentiments d’impuissance tels que l’anxiété, la honte, la culpabilité ou développer des peurs jusqu’alors inexistantes (peur de rester seules, peur des foules, peur des individus qui ressemblent à l’agresseur, etc.).  Il est possible qu’une femme reprenne ses activités d’antan, avec quelques manies ou habitudes en plus (verrouiller à double tour les portes de la maison, prendre un verre d’alcool en soirée, sursauter au moindre bruit strident, etc.).  Ces habitudes, bonnes ou mauvaises, sont des mesures adoptées par les femmes pour survivre psychologiquement à cette situation traumatisante. Il est aussi possible que certaines femmes tentent de reprendre du pouvoir sur leur vie en déménageant, en changeant d’emploi ou de numéros de téléphone, en limitant ou mettant fin à des relations susceptibles d’entraver leur bien-être, etc. Il est important à ce stade-ci que les survivantes soient conscientes des progrès qu’elles ont effectués jusqu’à présent.

Période d’intégration

La période d’intégration est caractérisée par la reconstruction d’un nouveau moi. Durant cette période, les activités quotidiennes ont repris leur place dans la routine habituelle. Néanmoins, les femmes ressentent le besoin de faire de la lumière sur leur vécu pour se réconcilier avec les pensées et les émotions néfastes liées à l’agression à caractère sexuel.  Elles peuvent encore ressentir des sentiments auto-accusateurs, tels que la culpabilité et la honte, mais généralement, la colère face à l’agresseur commence à prendre plus d’espace. Les femmes agressées qui ont pu parler de leur agression, à des gens compréhensifs ou à une intervenante, arrivent plus rapidement à exprimer leur colère. D’ailleurs, celle-ci est porteuse de changement et d’action. Enfin, à ce stade, les femmes se libèrent tranquillement des conséquences de l’agression