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Lorsque le privé devient politique

Dans les années 70, un vent nouveau souffle sur le mouvement féministe du Québec.  Les femmes dénoncent la violence dont elles sont victimes, rendant publiques des questions jusque là considérées comme privées.  Des groupes de prise de conscience se mettent sur pied, inspirés du modèle américain.  À l’ordre du jour, des discussions sur les agressions à caractère sexuel, la violence conjugale et les conditions de vie des femmes.  La réflexion, basée sur une critique de la société patriarcale, engendre l’action.  Les femmes revendiquent des services de qualité adaptés à leurs besoins.  Elles seront elles-mêmes le moteur des changements nécessaires en mettant sur pied des groupes autonomes dont les actions seront orientées selon deux angles : individuel et collectif.

L’Outaouais n’échappe pas à l’incandescence qui anime le mouvement des femmes.  C’est dans ce contexte que le CALAS Outaouais voit le jour, grâce à l’appui du CLSC de Hull conjugué aux efforts de femmes intéressées par la cause.  Le centre d’aide deviendra rapidement actif au sein du mouvement féministe de l’Outaouais.  Très tôt, il se démarquera par son mode de fonctionnement et ses interventions d’aide et de lutte.

Du C.A.V.V.O. au CALAS

Connu tout d’abord sous le nom du C.A.V.V.O. (Centre d’aide aux victimes de viol de l’Outaouais), l’organisme ouvre ses portes en octobre 1977.  Jusque là, les francophones obtenaient les services d’un centre situé à Ottawa.  La pertinence d’une telle ressource sur la rive québécoise favorise l’obtention d’une subvention.  Cette dernière est octroyée en mars 1978 par le ministère de la Santé et du Bien-être social. 

L’émergence des groupes de femmes est le fruit de diverses collaborations entre les groupes eux-mêmes.  Le C.A.V.V.O. participe à ce développement de façon régionale et provinciale.  En mai 1979, le centre de Hull, avec les centres de Châteauguay, Montréal, Sherbrooke et Trois-Rivières, participe à la mise sur pied du Regroupement québécois des CALACS (centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel). Le premier mandat du Regroupement sera d’assurer la survie financière des centres d’aide.  Depuis, il est devenu un lieu d’échange, de ressourcement, de formation et d’information.

Assurer la survie financière du C.A.V.V.O. et acquérir le statut de ressource autonome n’est pas facile.  En février 1980, les subventions sont coupées suite à la décision du ministère des Affaires sociales d’intégrer les services des centres d’aide aux victimes de viol à ceux des maisons d’hébergement.  Le C.A.V.V.O. s’oppose à cette mesure, appuyé dans sa démarche par la maison Unies-Vers-Femmes, mais sans grand succès.  Le centre ferme ses portes à l’automne 1980. 

Qu’à cela ne tienne, trois femmes continuent de se rencontrer et créent le Collectif d’éducation contre le viol et le sexisme.  Ce dernier s’agrandira et continuera pendant presque deux ans à lutter contre les agressions à caractère sexuel.

Parallèlement à ses multiples activités, le Collectif travaille à la réouverture du centre d’aide.  Leurs efforts portent fruit, le C.A.V.V.O. reprend ses activités et rouvre ses portes dès le 1er septembre 1982.  En octobre, le centre change de nom afin que celui-ci reflète mieux ses objectifs de lutte et d’aide aux femmes victimes de toutes formes d’agressions à caractère sexuel.  Il devient le CALAS (centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles).  On y offre des services d’accompagnement, de l’information médico-légale, des ateliers sur la problématique, des cours d’autodéfense et de l’écoute 24 heures par jour, 7 jours par semaine.  Ce service d’urgence téléphonique cessera 10 ans plus tard lors de l’ouverture du Centre de crise 24/7.

En 1985 le CALAS Outaouais, comme plusieurs centres d’aide de la province, se préoccupe du bien-être des enfants et ajoute à ses services un programme de prévention des abus commis envers les enfants.  Le programme Espace, basé sur le modèle américain CAPP (Child Assault Prevention Project), est offert dans les écoles primaires de l’Outaouais dès 1986, et devient un organisme autonome, Espace Outaouais, en 1989. 

La réflexion mène à l’action

L’information, clef de voûte des portes du changement, constitue un élément indispensable de la lutte contre les agressions à caractère sexuel.  Les pionnières l’ont compris et dès l’ouverture elles font de l’éducation, de la prévention et de la sensibilisation.  Défrichant pour tracer le chemin, les militantes et les intervenantes du CALAS Outaouais seront parmi les premières à aborder en publique la question des agressions à caractère sexuel.  Le sujet, bien que souvent délicat, demeure encore et toujours d’actualité.

L’expertise en matière d’agression à caractère sexuel s’est acquise et raffinée au fil des années grâce à un souci constant d’offrir des services de qualité et accessibles, répondant le mieux possible aux besoins des femmes, tout en restant fidèle à la philosophie féministe de l’organisme.  La consolidation des services n’est pas le fruit du hasard, mais résulte d’une réflexion menant à améliorer la formation des militantes et des intervenantes, à la recherche et au développement d’outils et de méthodes d’intervention.

Indissociable de son essence, l’engagement du CALAS Outaouais est indéniable.  Ainsi, le CALAS Outaouais participe depuis plus de 30 ans à des actions de visibilité et de lutte, et ce, souvent en collaboration avec d’autres groupes de femmes.